- 2026
- 27
- Jul
Santé publique : le Togo avance vers la structuration des métiers et compétences pour renforcer les ressources humaines
Le Togo poursuit ses efforts pour renforcer et mieux structurer les ressources humaines en santé publique. Dans cette dynamique, le Ministère de la Santé, de l'Hygiène publique, de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) et des Assurances, à travers l'Institut National d'Hygiène (INH), a organisé, du 27 au 29 juillet 2026 à l'IFAD, un atelier de travail et de réflexion consacré à l'élaboration et à la validation des référentiels des métiers et compétences en santé publique, intégrant les approches « One Health » et sensible au genre, ainsi qu'à la validation des modules de formation. Cette rencontre, organisée avec l'appui financier d'Expertise France, a réuni des acteurs institutionnels, des universitaires et des experts du secteur de la santé.
Cette initiative vise à doter le pays d'un cadre de référence permettant de mieux définir les métiers, les compétences et les besoins en formation dans le domaine de la santé publique. Elle constitue également une étape importante dans la préparation des ressources humaines appelées à contribuer au fonctionnement et au développement du futur Institut National de Santé Publique (INSP).
De la cartographie des métiers à leur priorisation
L'élaboration du référentiel s'est appuyée sur une démarche méthodique, partant des fonctions essentielles de santé publique pour identifier progressivement les activités, les compétences, les emplois et les différents métiers. Selon le Professeur Afanvi Kossivi Agbélénko, professeur agrégé de gestion des systèmes de santé à la Faculté des sciences de la santé de l'Université de Lomé, ce travail a reposé sur l'analyse des documents de référence de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), complétée par une revue de la littérature internationale, régionale, africaine et nationale.
Cette démarche a permis de passer d'une liste initiale très large de métiers et de profils à une sélection plus ciblée. La priorisation des métiers et des compétences a ainsi constitué l'un des principaux défis du processus.
Un référentiel adapté aux réalités du Togo
« L'intégration de l'approche One Health a également constitué un enjeu majeur dans l'élaboration du référentiel. Cette approche, qui prend en compte les interactions entre la santé humaine, la santé animale et l'environnement, nécessite de dépasser une vision exclusivement centrée sur la santé humaine », rappelle le Professeur Afanvi Kossivi Agbélénko.
L'un des principaux défis a donc consisté à intégrer ces différents secteurs dans une structuration cohérente et adaptée aux réalités togolaises.
Pour les acteurs impliqués dans ce processus, l'objectif est de disposer d'un référentiel réaliste, prenant en compte les besoins actuels du système de santé et favorisant une meilleure reconnaissance des différents profils intervenant dans le domaine de la santé publique.
Mieux organiser les ressources humaines en santé publique
Au-delà de la formation, ce référentiel devrait contribuer à une meilleure organisation et à une gestion plus efficace des ressources humaines en santé publique. Selon le Professeur Afanvi Kossivi Agbélénko, le travail réalisé permettra notamment de mieux définir les différents métiers et spécialités de la santé publique.
Il devrait également aider le ministère de la Santé à mieux structurer sa base de données sur les ressources humaines et à améliorer l'orientation des offres de recrutement ainsi que des recrutements dans la fonction publique.
« Ce référentiel va aider le ministère de la Santé à mieux structurer sa base de données concernant les ressources humaines et à mieux orienter les offres de recrutement. »
Cette structuration est d'autant plus importante que certains professionnels disposent déjà des qualifications requises ou exercent des métiers spécifiques sans que ceux-ci soient clairement répertoriés dans les bases de données existantes.
Des modules de formation pour accompagner le développement des compétences
La réflexion sur les métiers et les compétences s'est poursuivie par un travail sur les besoins en formation et l'élaboration de modules destinés à renforcer les capacités des futurs professionnels de santé publique.
Pour le Professeur Barthélémy Kiméabalo AZIMA, enseignant au Centre de Formation et de Recherche en Santé Publique, l'enjeu était de passer de l'identification des besoins à la priorisation des métiers et des compétences avant de développer des modules de formation adaptés.
« Il était très important de procéder à la priorisation des métiers et des compétences, d'en retenir les principaux, puis, à partir de l'évaluation des besoins en formation, d'élaborer des modules adaptés », explique-t-il.
Les échanges ont également porté sur le volume horaire nécessaire pour déterminer le niveau de certification associé aux formations. Selon les modules retenus et les objectifs poursuivis, les formations pourraient déboucher sur des attestations, des certificats ou, à terme, des diplômes. Cette réflexion devra être approfondie en fonction des ambitions du programme et des ressources disponibles.
Une étape vers le renforcement des capacités en santé publique
La validation des référentiels et des modules de formation constitue une étape déterminante dans le développement des ressources humaines en santé publique au Togo. Elle permettra de disposer d'un cadre plus clair pour identifier les métiers prioritaires, définir les compétences attendues et mieux orienter les offres de formation.
Pour le Professeur AZIMA, la poursuite du processus devra aboutir à la validation des documents et au lancement effectif des activités de renforcement des capacités. Il salue l'initiative ainsi que l'engagement de l'ensemble des parties prenantes, tout en soulignant le rôle central de l'Institut National d'Hygiène, porteur de ce processus.
À travers cette démarche, le Togo pose les bases d'une meilleure structuration des métiers et des compétences en santé publique. Une avancée majeure qui contribuera, à terme, à renforcer la disponibilité de ressources humaines qualifiées et à mieux répondre aux besoins du système national de santé, dans une approche intégrée prenant en compte la santé humaine, animale et environnementale.
