- 2026
- 05
- May
Formation des acteurs de terrain à l’analyse des données avec le logiciel R et l’intelligence artificielle
Le Ministère de la Santé, de l'Hygiène publique, de la CSU et des Assurances (MSHPCSUA) à travers l’Institut national d’hygiène( INH) l’Institut national d’hygiène( INH) a organisé au Centre de Formation et de Recherche en Santé Publique (CFRSP) de Lomé, la première cohorte de la formation des acteurs de terrain sur la gestion des données avec le logiciel R et l’intelligence artificielle du 04 au 08 mai 2026.
Réalisée avec l’appui d’Expertise France à travers le Projet de Renforcement des Ressources Humaines en Santé Publique (2RHSP), Cette session de renforcement de capacités vise à doter les professionnels de santé publique d’outils modernes d’exploitation des données pour une prise de décision plus éclairée.
Cette formation a réuni vingt participants issus des secteurs de la santé humaine, animale et environnementale, dans une approche multisectorielle conforme à la vision One Health.
Face à l’évolution constante des enjeux sanitaires, la maîtrise des outils d’analyse de données constitue aujourd’hui un levier essentiel pour améliorer la surveillance épidémiologique, orienter les politiques publiques et renforcer la riposte face aux urgences sanitaires.
Elle répond à un besoin identifié de renforcement des capacités en matière de traitement, d’analyse et d’interprétation des données sanitaires.
Durant cinq jours, les participants sont initiés à l’environnement du logiciel R, à la manipulation et au nettoyage des bases de données, aux analyses statistiques descriptives et inférentielles, à la visualisation des données ainsi qu’à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le circuit de gestion des données.
Le logiciel R, un outil stratégique pour la santé publique
Pour le Dr Martin Kouame TCHANKONI, biostatisticien et formateur, le choix du logiciel R répond à une logique d’accessibilité et de performance.
« Beaucoup de logiciels statistiques existent, mais la particularité de R, c’est qu’il est gratuit et open source. Il est internationalement reconnu aussi bien dans le monde francophone que anglophone. Cela en fait un outil particulièrement adapté aux besoins de la santé publique », explique-t-il.
Selon lui, l’objectif est d’amener les participants à acquérir les bases nécessaires pour exploiter efficacement les données sanitaires.
« Nous espérons qu’il y aura une version des apprenants avant la formation et une autre après. L’idée est qu’ils acquièrent les bons réflexes pour exploiter une base de données et poursuivre ensuite leur apprentissage de manière autonome. »
Abordant l’intégration de l’intelligence artificielle dans la formation, il souligne son caractère désormais incontournable.
« L’IA n’est pas là pour remplacer l’homme. Elle devient un outil qui facilite le travail, améliore la productivité et permet de réaliser en quelques minutes des tâches qui prenaient auparavant beaucoup plus de temps. »
Des acquis déjà perceptibles chez les participants
Parmi les bénéficiaires, l’enthousiasme est palpable.
Djossou Komla, épidémiologiste à la Direction de la lutte contre la maladie et des programmes de santé publique, témoigne des progrès réalisés.
« Avant cette formation, je n’avais aucune maîtrise pratique du logiciel R. Aujourd’hui, je peux importer une base de données, la nettoyer et produire des analyses descriptives, univariées et multivariées simples, notamment à travers la régression logistique. »
Pour lui, ces acquis représentent une avancée importante dans son travail quotidien.
« Les études analytiques sont essentielles pour orienter la prédiction des phénomènes de santé publique. Cette formation nous donne des outils concrets pour produire des résultats probants. »
Un investissement stratégique pour l’avenir
l’Institut national d’hygiène confirme son engagement à renforcer durablement les compétences nationales en santé publique.
En dotant les acteurs de terrain d’outils innovants d’analyse et d’aide à la décision, cette formation contribue à bâtir un système de santé plus performant, plus réactif et mieux préparé aux défis sanitaires de demain.
Elle s’inscrit pleinement dans la dynamique de structuration du futur Institut national de santé publique, appelé à jouer un rôle central dans la gouvernance sanitaire nationale.
