Deuxième session de l'atelier d'harmonisation des données de surveillance et de laboratoire de la méningite

  • 2026
  • 08
  • Jul

Deuxième session de l'atelier d'harmonisation des données de surveillance et de laboratoire de la méningite


Agbodrafo, juillet 2026 – Après une première session consacrée aux régions des Plateaux, de la Maritime et du Grand Lomé, la deuxième session de l'atelier d'harmonisation des données de surveillance et de laboratoire de la méningite et des autres maladies à potentiel épidémique (MPE) s'est tenue du 7 au 10 juillet 2026 à l'Hôtel Le Terminal à Agbodrafo. Elle a réuni les acteurs de surveillance épidémiologique et des laboratoires des régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale autour d'un objectif commun : disposer de données fiables, harmonisées et exploitables pour une meilleure détection des épidémies et une prise de décision rapide.

Organisé par le Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique et de l'Accès Universel aux Soins, à travers la Division de la Surveillance Intégrée des Urgences Sanitaires et de la Riposte (DSIUSR), avec l'appui de l'Institut National d'Hygiène (INH), cet atelier répond à un défi majeur : réduire les discordances entre les données de surveillance épidémiologique et celles des laboratoires afin d'améliorer la qualité des analyses et l'efficacité de la riposte face aux flambées de méningite et aux autres maladies à potentiel épidémique.

Harmoniser les données pour mieux anticiper les épidémies

Durant quatre jours, les participants ont procédé à la mise à jour des bases de données, à la comparaison des informations issues de la surveillance et des laboratoires, à la correction des écarts relevés dans le DHIS2, ainsi qu'au renforcement de leurs capacités sur l'utilisation du DHIS2 Tracker et du DHIS2 Clinique. Les travaux de groupe, les séances de validation en plénière et les échanges techniques ont permis d'améliorer la cohérence des données et de préparer la production du bulletin épidémiologique de la méningite bactérienne 2024-2025.

« Le laboratoire est celui qui confirme les cas »

Pour le Dr Sadji Adodo , médecin biologiste, épidémiologiste et responsable des maladies à potentiel épidémique d'origine bactérienne à l'INH, le laboratoire occupe une place déterminante dans le système national de surveillance.

« Les cliniciens suspectent la maladie, mais c'est le laboratoire qui confirme qu'il s'agit effectivement d'une méningite. Plusieurs maladies présentent des symptômes similaires ; seule la confirmation biologique permet de poser un diagnostic fiable. »

Selon lui, la concordance entre les données du laboratoire et celles de la surveillance épidémiologique est indispensable pour garantir des décisions de santé publique pertinentes.

« Lorsque le laboratoire et la surveillance notifient des chiffres différents, cela crée des discordances qui compromettent la qualité des données et peuvent retarder les décisions. Il est essentiel que les deux systèmes disposent des mêmes informations. »

Le spécialiste souligne également que les difficultés observées concernent moins la transmission des résultats que leur intégration dans la plateforme DHIS2.

« Le laboratoire peut disposer des résultats, mais si le cas n'a pas été créé dans le DHIS2 par le niveau périphérique, il est impossible de saisir ces résultats. D'où la nécessité pour les points focaux de créer les cas dans les 24 heures afin que les données puissent être complétées rapidement. »

Pour renforcer durablement cette collaboration, Dr Sadji recommande la mise en place de mécanismes de communication réguliers entre les équipes de laboratoire et les responsables de surveillance au niveau des districts, des régions et du niveau central.

Des participants mieux outillés

Les bénéficiaires de cette deuxième session saluent les acquis techniques de l'atelier.

Point focal surveillance du district sanitaire de Tone, Momadou Alassane explique que cette formation a permis de corriger plusieurs insuffisances dans la gestion des données.

« Les facilitateurs nous ont montré des astuces que nous ne maîtrisions pas auparavant pour renseigner correctement les fiches et utiliser efficacement le DHIS2. »

Pour lui, les bénéfices seront rapidement perceptibles sur le terrain.

« Avec des données plus fiables, la détection des épidémies sera beaucoup plus rapide et les décisions seront prises plus facilement. »

Il invite enfin les autorités sanitaires à pérenniser ce type d'activité afin de maintenir la qualité du système national de surveillance.

Une étape importante pour renforcer la surveillance de la méningite

À travers cette deuxième session, le Togo poursuit le renforcement de son système de surveillance intégrée en consolidant la collaboration entre les laboratoires et les équipes de surveillance épidémiologique. L'harmonisation des données constitue un levier essentiel pour améliorer la qualité des informations sanitaires, détecter plus précocement les épidémies et orienter efficacement les interventions de santé publique.

Au terme des travaux, les différentes équipes repartent avec des compétences renforcées, des outils harmonisés et une vision commune de la gestion des données, contribuant ainsi à une surveillance plus performante de la méningite et des autres maladies à potentiel épidémique sur l'ensemble du territoire national.