- 2025
- 15
- Nov
Méningites et autres Maladies à potentiel épidémique (MPE) : renforcement du réseau national des laboratoires par l’Institut National d’Hygiène (INH)
L’institut national d’hygiène,
laboratoire national de santé publique, dans sa mission de chef de file du réseau
national des laboratoires pour la confirmation des maladies à potentiel
épidémique, organise des sessions de supervision et de mentorat sur site au
sein du Réseau national des laboratoires du Togo, dans le cadre du renforcement
des capacités du réseau pour le diagnostic biologique des méningites et autres
maladies à potentiel épidémiologique (MPE) d’origine bactérienne. La première
session s’est déroulée au laboratoire du Centre Hospitalier Régional (CHR)
d’Atakpamé, du 10 au 13 novembre 2025. Cette activité, financée par CDC
Foundation, vise à consolider, en pratique, les acquis théoriques des
formations antérieures, et à améliorer la qualité du diagnostic sur le terrain
et une confirmation rapide des épidémies.

Les dernières années ont été marquées par de nombreuses crises sanitaires en Afrique et dans le monde : l’épidémie de la maladie à virus Ébola (2014-2016), la pandémie de COVID-19, l’épidémie de Mpox actuellement en cours et diverses flambées de maladies d’origine bactérienne à l’instar des épidémies de méningite, du Choléra et des toxi-infections alimentaires communautaires. Chacune de ces situations a rappelé l’importance des laboratoires dans la détection précoce des épidémies et dans la réponse rapide permettant de limiter les pertes humaines et les impacts socio-économiques.
Au Togo, pays situé dans la ceinture
méningitique africaine, la méningite demeure un problème majeur de santé
publique. Entre 2016 et 2025, cinq épidémies ont été enregistrées. L’une des
plus importantes, en 2016, avait touché plusieurs régions du nord du pays avec
près de 2000 cas et 127 décès. Cette flambée avait mis en évidence des
insuffisances dans le diagnostic biologique, ayant entraîné un retard dans la
riposte.
Une approche intégrée du diagnostic des
MPE bactériennes
Depuis, des efforts constants ont été
entrepris pour renforcer les capacités des laboratoires périphériques et
intermédiaires. L’Institut National d’Hygiène initie des formations continues qui
ont commencé à porter leurs fruits.

En 2025, lors d’une nouvelle épidémie
survenue dans la région de la Kara, le laboratoire du district de Dankpen a pu
détecter rapidement et avec précision, les premiers cas, permettant une réponse
plus efficace.
Parallèlement, entre août 2024 et février
2025, une épidémie de choléra a frappé le Grand Lomé et la région Maritime. Là
encore, les laboratoires ont joué un rôle déterminant, bien que la capacité de
culture dans certains centres reste à renforcer. Ces expériences confirment la
nécessité d’une préparation solide et permanente des laboratoires pour la
surveillance et le diagnostic rapide des maladies. C’est dans ce cadre que
s’inscrivent les sessions de mentorat initiées par l’INH.
La session d’Atakpamé a réuni des
techniciens du CHR et du Centre Hospitalier Préfectoral de Kougnohou. Elle a porté
essentiellement sur le diagnostic des méningites bactériennes et des maladies
diarrhéiques telles que le choléra, la salmonellose et la shigellose. Une
attention particulière est accordée au renforcement des compétences en
microscopie bactériologique, pilier fondamental de l’identification précoce des
agents pathogènes.

Au-delà d’une simple formation, il s’agit
d’un accompagnement de proximité, permettant d’évaluer les pratiques réelles,
de renforcer les procédures, et d’assurer la standardisation des techniques au
sein du réseau national.
Cette initiative contribue directement à
l’amélioration de la surveillance épidémiologique dans le pays. Elle s’inscrit
dans la dynamique nationale et internationale visant à garantir une préparation
efficace face aux épidémies.
Photo de famille avec la direction du CHR Atakpamé
Les prochaines sessions de supervision et
de mentorat sur site seront aux CHR Kara, CHR Sokodé, CHP Aného et l’antenne
INH Kara.
Raymond Dzakpata
