- 2026
- 25
- Jun
Renforcement des capacités en suivi-évaluation : des acteurs de santé mieux outillés pour améliorer la prise de décision basée sur les données
Dans un contexte où la qualité des données sanitaires devient un enjeu majeur pour orienter les politiques publiques et améliorer les interventions sur le terrain, L’Institut National D'hygiène du Togo a organisé du 23 au 26 juin 2026 à l'hôtel saint Paolos, une formation sur le suivi et évaluation qui a réuni plusieurs acteurs du secteur de la santé afin de renforcer leurs compétences dans la collecte, l’analyse et l’utilisation des informations sanitaires.
Cette initiative vise à consolider les capacités des professionnels impliqués dans la chaîne de production et d’utilisation des données, depuis le niveau opérationnel jusqu’aux instances de décision. Au-delà d’une simple acquisition de connaissances, cette formation constitue une opportunité de remise à niveau et d’adaptation aux nouvelles exigences du système de santé, notamment avec l’évolution vers la digitalisation des outils de suivi-évaluation.
Une fonction stratégique au cœur du système de santé
Pour le formateur,Dr ZIGAN Mawuyon, Directeur des Études , de la Planification et de Programme, cette formation répond à un besoin essentiel : renforcer une fonction indispensable au bon fonctionnement du système sanitaire. « Cette formation vise à renforcer les capacités de nos collègues. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de compétences, mais c’est une formation de remise à niveau pour leur permettre d’avoir encore plus d’habileté, surtout en matière de suivi et évaluation qui est une fonction essentielle, capitale pour notre système de santé », explique-t-il.
Selon lui, le suivi-évaluation permet de mesurer les performances, d’identifier les difficultés et surtout de prendre des décisions basées sur des informations fiables. La qualité des données constitue donc un élément central. De leur production par les agents de terrain jusqu’à leur transmission aux niveaux de décision, chaque étape doit être maîtrisée. « Pour tout système de suivi-évaluation, il faut des données. Il faut savoir comment nous les produisons, avec quels outils, comment nous les validons, comment nous les communiquons et comment nous les utilisons pour calculer les indicateurs de performance », précise t-il.
Des défis liés à la compréhension des rôles des acteurs
Au cours de la formation, certains défis ont également été identifiés, notamment la nécessité pour chaque acteur de mieux comprendre sa responsabilité dans le système global de suivi-évaluation. Le formateur souligne que le bon fonctionnement du dispositif dépend de l’engagement de tous les niveaux d’intervention. « Pour qu’un système fonctionne, il faudrait que les éléments ou les acteurs du système puissent prendre leurs responsabilités. Chacun à son niveau doit comprendre le travail qu’il fait. C’est en cela que le système peut être dynamique », Il relève également que certaines difficultés viennent parfois d’un manque de coordination entre les différents niveaux du système sanitaire et que chaque acteur doit jouer pleinement son rôle afin d’éviter les blocages dans la circulation et l’exploitation des données.
Des compétences renforcées pour une meilleure utilisation des données
Du côté des participants, cette formation est perçue comme une réponse adaptée aux besoins actuels du secteur de la santé. KASSEGNE Améouga, spécialiste en biosécurité, biosûreté et ingénieur biologiste à l’Institut national d'hygiène (INH), participant à la formation, estime que cette initiative arrive à un moment opportun. « Cette formation est pertinente. Elle est la bienvenue parce qu’aujourd’hui, avec nos différentes institutions, les profils qui se sont réunis jouent un rôle majeur dans la santé publique. Et pour prendre des décisions, ces décisions sont basées sur des données factuelles », témoigne-t-il. Pour lui, la maîtrise des outils de suivi-évaluation permettra d’améliorer son travail quotidien, notamment dans la collecte, l’analyse et l’interprétation des données. « Cette formation va beaucoup m’aider, notamment dans la collecte des données, leur monitoring et le suivi des indicateurs pour pouvoir prendre des décisions sur la base de l’évolution des indicateurs », ajoute-t-il.
Une formation appréciée pour son approche pratique
Le participant salue également l’expertise du formateur et l’approche basée sur le partage d’expérience. « En termes d’acquisition de compétences, c’est dix sur dix. Nous avons eu un formateur qui maîtrise la thématique et qui n’a pas hésité à partager son expérience quotidienne ainsi que les directives liées au suivi-évaluation émanant du ministère de la Santé », souligne-t-il. Cette approche pratique a permis aux participants de mieux comprendre les réalités du système et les exigences liées à l’utilisation des données sanitaires.
Assurer la continuité après la formation
Au-delà de la session de formation, la question du suivi des acquis reste une priorité. Pour le formateur,Dr ZIGAN Mawuyon , l’intégration du suivi post-formation dans les mécanismes existants permettra de mesurer l’application effective des connaissances acquises. « Nous allons intégrer le suivi dans le dispositif actuel de nos supervisions et faire régulièrement le point des connaissances acquises , le suivi-évaluation ne doit pas être considéré comme une activité ponctuelle, mais comme une fonction permanente indispensable à toute organisation performante. Une organisation qui fonctionne bien doit déjà disposer d’un mécanisme solide de suivi-évaluation. Une fois que vous négligez cette fonction, vous naviguez à vue ».
À travers cette formation, les acteurs de santé renforcent ainsi leurs capacités à produire et exploiter des données de qualité, un levier essentiel pour améliorer la performance du système sanitaire et répondre efficacement aux défis actuels de santé publique.
